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Ft. Alihan - We just need some love - Flashback

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Harry J. Potter
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Mer 27 Sep - 20:31
Aliharry, partie 3
We just need some love


- Tu sais, cette semaine j’en ai profité pour sortir un peu. Tu te rappelles la fois que j’ai couché avec ce mec il y a quelques mois? Eh bien, je n’ai pas eu la même impression cette fois. Aedan n’était pas…là. Il ne me pesait pas sur la conscience… Je… crois que je peux dire avoir enfin passé à autre chose… Même si Aedan reste ma meilleure baise à vie… Il ne reste pas mon dernier amour à vie… Enfin, je l’espère.

Parler de façon honnête et sans détour est devenu une habitude devant lui.

- Donc, je suppose que mon travail est terminé.

Avez-vous déjà eu cet étrange sentiment de tristesse qui vous immerge lorsque vous savez que quelque chose touche à sa fin? Cette sorte d’anticipation fébrile de perdre une stabilité que vous aviez gagné? Eh bien, j’ai cette impression aujourd’hui. Cela fait déjà plusieurs mois que je rencontre Alihan dans ce bureau modeste. Cela fait déjà quelques mois qu’il m’aide à retrouver une certaine paix face à mon passé et tenter de comprendre mes crises de colère récurrentes. Je dirais que grâce à nos rencontres, mes coéquipiers ont remarqué une différence dans mon comportement. Même moi, à la limite, je peux affirmer que mes crises de colère sont beaucoup moins fréquentes. Est-ce en raison que je ne me prends plus en pitié? Que je ne me dégrade plus autant ou bien…Est-ce autre chose?  Durant toutes ses sessions, j’ai l’impression d’avoir souvent détourné le sujet d’Aedan avec lui. J’ai aussi appris à m’analyse d’avantage, et je vois bien que ce sujet me rend inconfortable en sa présence. Et pourtant, il est peut-être la personne qui m’ait mis le plus en confiance dans ma vie tout entière. Je passe ma langue sur mes lèvres, tentant de réfléchir. Mais réfléchir me semble impossible, et je tente de rester en surface alors que je me sens tranquillement emportée, la gorgée serrée par les émotions.

- Ouais… Je suppose.

Je suppose, en effet, je ne reverrai plus Alihan. C’est drôle, parce que cela ne prit que quelques semaines après notre première rencontre pour que je commence à réellement tout lui dire. Je veux dire, carrément. Il n’y avait plus de filtre, plus de craintes. Il n’y avait que moi et lui, tentant de mettre au clair les tourments de ma vie. Et cela peut sembler étrange ou même ludique de ma part, mais j’ai la forte impression que ses rencontres avaient quelque chose de spécial en soit. Sinon, pourquoi est-ce que j’arrivais chaque mercredi avec deux cafés chauds, sans même qu’Alihan me le demande? Pourquoi aurais-je pris le temps de m’informer sur les goûts d’Alihan? Un décaféiné avec un peu de lait et du sucre pour lui, un café bien noir pour moi. Pourquoi est-ce que je me réveillais chaque mercredi, un sourire au visage, dans cette nouvelle maison qui était mienne, et mienne uniquement. Pourquoi, depuis qu’il est dans ma vie, ai-je l’impression d’être plus léger? Plus…humain et moins machine? Trop de questions sans réponses, qui resteront surement sans réponses à partir de maintenant.

Savoir que je ne le reverrai plus me remets dans un état de colère passagère que j’aurais préféré éviter. Une colère latente, mais bien présente. Une sorte de déception, de rancune envers le destin qui se doit ne me priver du quelque peu de liberté et de bonheur que j’étais parvenu à retrouver avec les mois. Maintenant que je suis officiellement divorcé et mes enfants m’en veulent moins pour mon divorce, je vois enfin une certaine lumière au bout du tunnel. Et sans Alihan autour de moi pour me faire réaliser mes erreurs, je ne sais pas si je vais vraiment parvenir à m’accomplir. Et si mes crises devenaient plus violentes? Et si, par un malencontreux hasard, je devenais ce monstre torturé intérieurement que j’ai si peur de devenir? Et si… Et puis tant pis, les « et si » ne changeront pas les faits.

- Ouais… Ma vie de famille va mieux, ma vie sexuelle est…correcte… Mes crises de colère sont moins fréquentes et je semble moins sur le bord de déclarer une troisième guerre mondiale. Alors, je suppose que nous n’avons vraiment plus rien à nous dire, hen…

C’est inconfortable, m’entendre parler ainsi. Je tente de paraitre distant et froid face à cela, mais mon regard professionnel m’empêche de supprimer cette oppression dans ma gorge. Ça y est, c’est terminé. Ces beaux matins sont terminés. Aurais-je dû mentir sur mon état? Aurais-je vraiment été en mesure de lui mentir? Clairement, il m’aurait repris et j’aurais terminé par lui dire la vérité. C’est toujours ainsi avec lui, je suis maintenant incapable de lui mentir. Je devrais être soulagé de me débarrasser de cette faiblesse, mais une part de moi souhaiterait pouvoir profiter de cette légèreté un peu plus. Mais qu’est-ce que cela me rapporterait de plus, de revenir ici? J’en connais tous les racoins, ayant exploré maintes et maintes fois tous les coins du bureau lorsque nous parlions. Souvent, notre heure passait si rapidement que je devais rester 15 ou 20 minutes supplémentaires… Et même à cela, ce n’était jamais assez. Mais aujourd’hui, parler est pénible. Je sais que je vais le perdre, et l’idée me déplait. En fait, l’idée m’effraie. Maintenant que j’ai trouvé cette stabilité qui me permet d’avancer droit devant, pourquoi me l’enlever à coup de matraque?

Je regarde le cadran, réalisant que cela fait plusieurs minutes que le silence rôde entre nous et que nous terminons bientôt la séance.  Je me lève, éclairant ma gorge en me passant une main dans les cheveux. Mes yeux sont humides, et je tente de ne pas laisser couler une larme.  Le souvenir est encore frais dans ma mémoire malgré les mois qui ont passés : Alihan a déjà dit que son rôle était de me faire pleurer. Ou qu’enfin, ce serait un indice de son succès. Et je m’étais aussi promis de ne pas pleurer. Pas devant lui. Je ne veux pas le laisser gagner.  Je me dirige vers la porte, incapable de me retourner pour le regarder. Ma lèvre tremble légèrement, et je gratte ma gorge pour m’empêcher de… De quoi? Ne voulant pas quitter immédiatement, je me retourne vers son bureau, sans vraiment le regarder.

- Dans une semaine, je vais participer au tournoi annuel à Londres… Si… Si tu veux vraiment en apprendre plus sur la culture magique de Londres et tout…Tu peux toujours venir nous voir, si tu veux. Je ferai partie des responsables d’une des équipes. Alors… Bah je sais que ce ne serait pas dans tes heures de travail mais…

J’arrive à peine à placer deux mots. Et sans le savoir, quelques larmes m’échappent. Immédiatement, je couvre mon visage. Irrité, je sacre. Et sous l’impulsion, je m’approche du bureau une autre fois. Je viens poser mon dos contre le mur derrière la chaise pour éviter son regard, bien que je sais qu’il y a de fortes chances qu’il se retourne pour m’observer.

- Tu… Je vais être franc avec toi, parce que j’ai l’impression que c’est uniquement ce que je fais depuis quelques mois. Pour tout te dire, j’ai pas envie de quitter ce putain de bureau. Pour une fois dans ma vie que je me sens...

Deuxième. C’est la deuxième fois que je sens ainsi, n’est-ce pas? Je fige en milieu de phrase, mes larmes s’intensifiant. Mes dents commencent à claquer ensemble tandis que je tente de retenir mes larmes, sans grand succès. Je sais ce qui m’empêche de quitter, et c’est beaucoup plus pénible que… Je n’aurais jamais cru pouvoir ressentir des sentiments aussi puissants qu’Aedan, mais voilà que je m’analysais rapidement durant tous ses mois et… Je suis tombé amoureux de mon psychologue sans m’en rendre compte. Je n’ai pas voulu m’en rendre compte. Non, parce que c’est une relation qui ne peut mener nul part. La profession l’empêche. Et puis, il faut dire que…

- Bien. Que je me sens bien Ali. Mais écoute, tout ça c’est de ma faute. Je n’aurais pas dû laisser tomber mes barrières, là je suis pris dans ce… cette situation inconfortable dans laquelle je suis tombé amoureux de mon psychologue et je n’aime pas ça. Je suis désolé Ali, j’aurais dû faire attention aux signes, j’ai… J’aurais dû rester plus professionnel… Mais hey, my bad huuh…


Je vous l’ai dit, je ne peux plus rien lui cacher. De plus, qu’ai-je à perdre? J’ai déjà perdu mon psychologue, aussi bien tout lui dire avant de partir. Je passe une main une autre fois sur mon visage, ayant réussi à me calmer en lui exposant ce que je refusais de voir jusqu’à maintenant. Mais même si mes larmes ont cessés, ça fait mal. Très mal.

- Eh merde… Voir que je ne l’ai pas remarqué avant…


L’attirance physique, je l’avais compris dès la première rencontre. Et puis, ce n’est pas comme si Alihan n’en avait pas profiter pour répondre à mes répliques. Mais au-delà de ça? Non. Clairement pas. Je pose mon regard sur le plafond, expirant en riant hystériquement.


A dangerous plan, just this time

Un dangereux plan, juste cette fois
A stranger's hand clutched in mine
La main d'un étranger serrée dans la mienne
I'll take this chance, so call me blind
Je prendrai cette chance, alors appelle-moi aveugle
I've been waiting all my life
J'ai attendu toute ma vie
Please don't scar this young heart
S'il te plait, ne blesse pas ce jeune cœur
Just take my hand
Prends juste ma main

GOTHEIM pour NU

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Alihan A. Dixon
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Mer 27 Sep - 20:59















❝ We just need some love ❞
Aliharry beginn. ~


J’avais beaucoup appris de mon patient préféré. Mais, je déconnais aussi. J’ai toujours été heureux de voir un patient passé le seuil de ma porte de mon bureau, mais Harry ça devenait un sentiment plus intense. Je n’étais pas simplement heureux. Au début, je le trouvais attirant, puis intriguant, puis charmant. Mais, la curiosité d’en savoir un peu plus chaque semaine sur sa vie bien remplie était le sentiment le plus… évident. J’en apprenais chaque jour sur lui, je peux dire que je le connais parfaitement bien, mais je ne doute pas que j’ai encore des choses à apprendre sur lui, des choses qu’ils gardent probablement au fond de son cœur, pensant que ce n’est pas les choses les plus importantes à savoir. Mais, je dois dire aussi que plus on avançait plus je sentais que mon travail était bientôt terminé sur lui… et quelques part, cela m’effrayait. C’est vrai, il est devenu un ami, j’ai baissé ma garde de psychologue avec lui, et il est le seul à Londres qui sache pour mon enfance. J’avais comme peur qu’on ne se revoit plus, mais je devais d’être professionnel. Surtout quand je m’avoue à moi-même que je ressens bien plus que de l’amitié pour lui, et quand on le regarde bien, cela ne m’étonne pas que j’en sois tombé amoureux. Il a tout pour plaire. Une blessure de guerre, qui le rend franchement attrayant. Des yeux bleus, tout le monde en rêve chez son partenaire. Puis… lui. Son caractère, son coté enfantin, sa façon de rire, de sourire… de… me dire des choses pas forcément évidente. D’ailleurs en parlant de choses pas évidentes, nous avons attaqué le sujet de ses relations sexuelles. Bien que j’en ressente une pointe de jalousie, je le lui cache, il était important qu’il ne sache pas la nature véritable de mes sentiments. Alors, je me contente de simplement lui répondre une phrase sonnant la fin de cette heure et surtout, la fin de sa thérapie.

« Donc, je suppose que mon travail est terminé. »

Satisfait. J’étais satisfait de mon travail que j’avais fait avec lui. Il était devenu plus souriant, plus calme et moins sarcastique au fur et à mesure du temps. Il ne pourrait que vivre de manière plus calme et plus reposé aujourd’hui, et cela, j’en suis ravi. Mais, j’en suis également attristé. Fini cette petite bouille tenant deux cafés dans les mains pour notre séances, fini tout ces moments là, et ça me brisait le cœur. Je tente de déchiffrer ce qu’il ressent, et je reconnais cette moue. Cependant, le fait qu’il annonce être passé à autre chose, disant de lui-même qu’il a oublié Aedan, ça change tout, et c’est ce qu’il lui fallait. Cet homme l’a fait souffrir, alors qu’il ne méritait pas cela, et le fait qu’il tourne la page, annonce la fin de mon travail, en effet. Il défile sur les choses qui se sont améliorés dans sa vie et je ne peux m’empêcher de lui donner un dernier conseil, comme si au fond de moi, j’avais peur qu’il dérape encore et qu’il chute sans se relever, mais aussi comme si je ressentais sa peur de tomber et de se perdre.

« Et tout cela ne cessera de s’améliorer, si tu n’écoutes que toi, et non les autres. Souviens qui tu es, un père de famille, un auror, tu es Harry, et non ce héro craignosse qui suit les volontés des gens, qu’ils soient moldus ou sorciers. »

Je conclus avec un clin d’œil. Ce signe était de plus en plus fréquent à son égard, mais ils n’avaient plus la même valeur que pour notre première séance, ces clins d’œil que je faisais pour avoir sa confiance, aujourd’hui, c’était un signe d’humour, de sourire, de joie… d’amitié. Un silence de mort suit mon interruption et ceci en est presque gênant, je n’arrivais pas vraiment à le regarder dans les yeux, pour une dernière séance, elle est bien déprimante, c’est la première que j’ai avec ce sentiment lourd et incontrolable. Je le suis du regard alors qu’il se lève, je ne connais que trop bien cette posture, et cette réaction, une chose le tourmente encore. Cependant, mon cœur rate un battement alors qu’il se dirigeait vers la porte, j’avais envie de lui courir après, qu’il ne s’en aille pas, mais, je me forçais à rester professionnel. Je l’écoute alors qu’il me parle du tournoi annuel des sorciers. J’hoche la tête et déglutis.

« Je viendrai. »

Tels sont les seuls mots que je puisse lui dire. Je sentais sa gorge serrée à travers ses mots, ce qui m’attriste d’avantage. Il se rapproche et mon cœur se remet à battre à la normale alors qu’il s’appuie contre le mur et… je crois apercevoir quelques larmes alors qu’il essaie d’éviter mon regard. Je fronce les sourcils. J’ai définitivement réussi mon travail. Je m’appuie sur mon dossier quand il m’annonce qu’il a encore une chose à me dire. Je le regardais avec intérêt écoutant chacun de ses mots, comme si c’était un soulagement, et d’ailleurs c’en est un. Je m’empêchais de me relever, je voulais le laisser finir. Je finis par me lever de ma chaise et de m’avancer vers lui. Je me laissais guider par mon instinct et même si c’est mal, je n’en avais rien à faire. Après tout, il vient de m’avouer ses sentiments pour moi, et moi, j’en ai pour lui… Il dit une dernière phrase et pour ma part, je le coupe à son dernier mot, ne lui laissant pas le temps de finir de se lamenter. Je le colle au mur, me collant à lui et posant mes lèvres sur les siennes. Je fini par rompre le baiser, me décollant doucement, mais restant tout de même tout près pour que nos souffles se mélangent.

« Je t’aime aussi, beau brun. »

Que dire de plus ? Je pense avoir dit ce que j’avais à dire, en quelques mots, je lui ai dit ce que je ressentais, cela servait à rien d’en faire tout un éloge. Nous nous aimions, c’est tout ce qui était à savoir, finalement. Je lui fais un autre clin d’œil, avant de venir chercher sa lèvre inférieure avec mes dents, tirant légèrement dessus. Je pose ma main sur sa joue, la caressant tendrement, que voulez-vous, j'étais amoureux pour la deuxième fois de ma vie...

« J'imagine que je peux prendre ma journée, et on peut aller boire un coup chez moi... si ça te dit ?»

Brutal ? Oh non, tout est fait avec délicatesse chez moi. C'est juste que... j'imagine que ça fait plusieurs séances ou nous sommes plus vraiment psy et patient, mais plutôt amis avec amour secret.



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Harry J. Potter
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Mer 27 Sep - 21:03
Aliharry, partie 3
We just need some love


Je n’avais pas eu à faire de telles confessions depuis belles lurettes, et j’avais oublié à quel point c’est pénible et incontrôlable. Mon côté impulsif l’avait emporté une fois de plus, et je lui avais dévoilé cela la minute après l’avoir réalisé. Je n’ai pas pris le temps d’y réfléchir, de raisonner le peu de sens que j’ai pour me dire que ce serait une mauvaise idée de poursuivre cette relation. J’aurais dû, mais je ne l’ai pas fait. Je ne le fais jamais. Je ne me retire jamais lorsque je devrais, je regrette constamment mes paroles, je suis une vraie boule de regrets sur pattes. Mais au fond, j’ai envie qu’il l’entende de ma bouche. Et lorsque je m’explique, je me retrouve dans un court instant d’hystérie qui me pousse à rire; une sorte de délivrance douloureuse qui accélère mon rythme cardiaque. Franchement, j’ai l’impression de revenir plus de vingt ans en arrière, en prise avec des émotions puissantes et terrifiantes que je n’ai pas appris à maitriser en vieillissant étant donné que la vie s’est chargé de me rendre un bel et grand malheur en faisant fuir Aedan de ma vie. Bien que je ne regrette plus son départ, c’est tout de même la seule personne que j’ai véritablement aimé dans ma vie. Enfin, avant lui. Je crois. Je n’en suis pas certain, mais cela me semble maintenant très évident. Tous ses signes que j’ai manqué, qu’est-ce qu’ils pourraient être d’autre?

Pour une des rares fois dans ma vie, je ne regrette pas avoir fait de telles révélations. J’ai confiance qu’Alihan soit assez mature pour prendre cette situation délicate avec un regard professionnel. Je l’observe se lever, se rapprocher de moi. Je m’enfonce moi-même les fesses dans le mur, me demandant si je devrais fuir d’un côté ou de l’autre pour augmenter la distance personnelle entre nos deux corps qui, certainement, se réduit de plus en plus. Or, une partie de moi n’a pas du tout envie de me glisser hors de son champ.  Ma réaction la plus logique me semble être de continuer à parler, réalisant même temps que je suis vraiment aveugle pour ne pas avoir compris plus tôt. Mais je n’ai pas le temps de finir ma ligne de pensée. Mon corps tout entier me disant une chose, ma tête m’en disant une autre, je reste figé devant un Alihan dangereusement prêt de mes….lèvres contre les siennes.

Boum. Iroshima. C’est une bombe atomique dans mon corps tout entier. Par chance qu’il me retient contre le mur car probablement que j’aurais eu une faiblesse dans les jambes. Drôle, n’est-ce pas? Le grand Harry Potter dont la seule faiblesse réside en son amour pour les autres; ma famille, mes amours… Ils sont ma plus grande faiblesse, et donc ma plus grande peur. Il finit par décoller ses lèvres des miennes, et mon premier instinct est de tenter de l’en empêcher. Mais il me prend au dépourvu, me laissant bercer par sa respiration.

Je t’aime aussi, beau brun.

Aussi? Mon cœur fait un bond, un autre. J’expire profondément, certain que je vais tomber au sol s’il s’approche ne serait-ce qu’un…peu…plus… Plus de ses lèvres. Je le laisse me mordiller la lèvre, ne me donnant qu’une énorme envie de le plaquer à mon tour pour lui… Pour quoi? Pour lui prouver que je ne suis pas une statue complètement livide et éventrée devant ses charmes? Ouais, probablement. Ce n’est pas du tout mon habitude de me laisser faire ainsi, mais cet homme à une facilité incroyable à me prendre au dépourvu. Et puis, je suis infiniment trop.. heureux, excité. J’en oublie même de respirer, devant reprendre mon souffle tandis que je sens sa main se poser sur ma joue. Mon dieu, cet homme sait se faire rom…romantique. Mes pensées s’affolent, je m’affole. J’ai 17 ans, encore. Je perds mes moyens dès que je suis amoureux, c’est horrible et humiliant. Et pour combler le tout, Ali me propose de  prendre congé pour pouvoir aller boire un verre chez…lui? Oh non, non. Pas possible. Non, non, non!

Je deviens immédiatement rouge pivoine, le poussant doucement pour me glisser à plusieurs mètres de distance. Je me suis éloigné du bureau pour être plus près de ma sortie de secours; la porte. Mes deux mains sont levées vers l’avant comme une barrière pour protéger ma bulle personnelle d’une autre invasion. Bien que l’idée d’une invasion me plait particulièrement je… Mes joues sont brûlantes, et je pose une main fraiche contre l’une d’elle pour tenter de retrouver un teint plus normal. Je pince mes lèvres.

- Non, c’est pas… Enfin, j’ai jamais dit… J’ai jamais dit…

Je t’aime. Je suis incapable de prononcer ces deux petits mots bien simples. Découragé par ma propre immaturité émotionnelle, je tente de retrouver un semblant de passibilité. L’idée de mettre les pieds chez lui me terrifie et me rend curieux. Qu’est-ce que cela veut dire? Qu’est-ce que tout cela veut dire? Je sais très bien ce que ça veut dire, mais est-ce que je suis vraiment prêt à… À quoi? Oh mon dieu, non. Je ne peux pas… Si? Est-ce que je peux? Enfin, je n’ai aucun problème à avoir une relation sexuelle avec un autre homme mais ce n’est pas l’issue ici, n’est-ce pas? Ce n’est pas n’importe quel homme, et ce n’est pas n’importe quel contexte. Il vient tout juste de confirmer que nous ressentons les mêmes sentiments l’un envers l’autre, alors je ne peux pas faire les mêmes erreurs qu’avant. Je dois prendre cette situation avec un regard froid et sensé… Oh ouais, pardon. J’ai oublié à quel point je panique présentement! Une décision sensée? Pourquoi est-ce que cela me semble plus qu’impossible sur le moment?

On inspire. Expire. Inspire. Regarde Alihan. Respiration qui s’accélère. Cela ne fonctionne pas. Impossible de me calmer. Je passe ma langue sur mes lèvres, mes yeux se posant immédiatement sur les siennes. J’ai envie de les… Inspire, expire, inspire… emprisonner bien solidement et…Inspire, expireeeemporter ses belles fesses dans un beau…son…lit pour…OH MON DIEU! RESPIRE; INSPIRE, EXPIRE. Je pince la mince peau de mon poignet longuement, tentant une dernière alternative pour retrouver un certain sens à mes pensées. La douleur faisant son effet, je parviens à remettre un peu d’ordre dans mes idées. Bien que l’idée de rejoindre Alihan plus tard m’effraie, mon expérience me conseille fortement de sauter sur l’occasion. Avec les années, j’ai appris à ne plus faire de choix que je pourrais regretter plus tard. Et tourner le dos à Aedan avait été ma plus grosse erreur.

- Okay. Okay, mais à une condition. Je sais que ton travail te tient à cœur, alors ne prends pas congé pour…moi…

Mon dieu, le dire me fait réaliser à quel point c’est sexy et..romantique. Il veut prendre congé pour qu’on puisse passer une journée ensemble, c’est bien cela? Cet homme peut être moins attirant, je vous en prie? Je sais que je casse un peu l’ambiance en lui demandant cela, mais c’est une requête que je me dois de garder pour préserver ma sainteté d’esprit. J’aurai besoin d’une longue journée de préparation avant de pouvoir supporter son regard ce soir. Je m’apprête à quitter, une main sur la poignée, lorsque je réalise que je n’ai aucune sainte idée e son adresse. Je retourne lentement ma tête, la main toujours bien collée sur la poignée.

- Ah oui, et texte moi mon adresse. Mon numéro de téléphone est dans mon dossier, je crois bien…

J’inspire encore une fois, coupant ma respiration à mi-chemin. J’hésite à ajouter quelque chose, ne sachant pas trop où me placer dans cette drôle de situation. Comme quoi ma journée dépressive promet d’être beaucoup plus productive et intéressante que je le planifiais.

- 18h00, ça te va? On pourrait...faire à manger?

Pourquoi parler de tâches aussi simples me rend si inconfortable face à lui? Je secoue vivement la tête pour tenter de parraitre un peu moins coincé et inconfortable.

- À…tantôt dans ce cas?

Le dire à voix haute me fait étrange, et pourtant cela fait revivre cette excitation d’adolescent. Sans un autre regard dans sa direction, je quitte son bureau en refermant la porte derrière moi. Une vague impression de déjà vu avec notre première session, sauf avec une fin beaucoup plus optimiste. Je me dirige tout de suite vers ma cabine de toilette fétiche, transplanant dès que j’y entre. Au lieu de transplaner à mon bureau au Ministère, je transplane au milieu de mon salon. Je sors mon téléphone pour composer le numéro de Murdock. Dès qu’il décroche, je prends une voix roque.

- Hrum, Murdock? Ouais en fait, t’avertiras Clark que je ne me sens pas très bien. Je vais rester à la maison aujourd’hui. Ouais, je sais qu’on a beaucoup de travail. Tant pis, tu devras travailler sans moi aujourd’hui. Tu vas y arriver?... Ouais, moi aussi. Bye grognon!

Je raccroche, lançant mon téléphone sur le canapé où je vais m’étendre par la suite. Fixant le plafond, les mains placées derrière ma tête, je divague. Je visualise ce qui vient de se passer, les yeux fermés. Je viens placer mon index droit sur ma lèvre inférieure, mes joues s’enflammant immédiatement.

- Oh…mon…dieu

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Alihan A. Dixon
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Mer 27 Sep - 21:07















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J’avoue l’avoir observé durant toute sa crise panique. Je me suis retrouvé, là, debout comme un idiot alors qu’il s’était glissé vers a porte, paniquant. Sa respiration semblait ne pas être naturelle, et je l’observais. Je l’observais parce que même en paniquant, il était super sexy. Le rouge de ses joues le donnait cet impression d’avoir de l’effet sur lui, et soyons honnête, j’en ai. Ses mains devant son torse, je comprends qu’il veut une certaine distance, ce que je peux comprendre, quand on y pense Harry n’est tombé amoureux qu’une fois et… ça s’est mal passé. Il est évident que sa panique est compréhensive, par conséquent je me contente de m’assoir sur mon bureau et de le regarder, à vrai dire, je lui laissais le temps qu’il voulait pour répondre à me dernière question. Ceci dit, plus les secondes passées, plus j’avais l’angoisse qu’il me recale, et qu’on ne se revoit plus.

Il est aussi vrai, qu’il n’a pas dit ces trois mots à proprement parler, mais mon travail c’est aussi de comprendre les insinuations, et la sienne je l’avais compris, du moins, je l’espérais, et si, en fait, ce n’était que ma volonté à ce que je ressens soit réciproque qui me jouait des tours ? Je continuais de l’observer tout en sentant mon estomac se nouant par l’angoisse, le stress, la peur. Jusqu’à ce qu’il réponde cette phrase qui me fait sourire en coin. C’est vrai que mon métier reste important pour moi, et je dois dire qu’il est évident que je ne peux pas vraiment prendre congé ainsi. Ceci dit, j’aurai été capable d’imposer mon rythme de travail, pour passer plus de temps avec Harry. En lui faisant sa thérapie, il aussi fait la mienne, et rien que pour cela, je lui dois beaucoup. Je fixe sa main attraper la poignée de ma porte de bureau, jusqu’à ce qu’il me demande de lui envoyer mon adresse sur son numéro de portable, que j’avoue avoir déjà enregistré. Je me vois encore ces derniers jours attraper mon téléphone et le chercher dans mes contacts, commencer un message pour l’inviter boire un verre avec moi, et l’effacer finalement. Je me contente d’hocher la tête, pour confirmer que je lui enverrai mon adresse par message. Ce que je ne m’attendais pas, c’est qu’il me propose qu’on fasse le diner ensemble, et par conséquent, qu’il mange chez moi, ce soir. J’affiche un sourire potentiellement niais, le même qu’un enfant, lorsqu’on lui dit qu’il a le droit de prendre un bonbon dans la boîte en haut du placard.

« C’est avec plaisir. »

Quatre mots efficaces et simples qui sont sortis après que j’ai déglutis. C’était gênant comme situation, on venait de s’embrasser, de s’avouer nos sentiments, bien que son éloge fut plus touchante que mes simples phrases, et j’avais proposé à ce qu’on boive un coup, et voilà que ça va finir en charmante soirée chez moi. Je lui réponds un simple sourire alors qu’il sort de mon bureau. Je me passe la main sur mon visage, réfléchissant à plusieurs choses. D’abord, quelle boisson je mets au frais ? Du champagne ? De la bière ? Du vin ? Rouge ou blanc ? Rosé ? Et s’il ne boit pas d’alcool ? Et puis, comment je m’habille ? Il ne faut pas que j’en fasse trop et puis… Rah, il est que 10h, j’ai le temps d’y penser non ? Je passe mes deux derniers patients de la matinée, et le midi, je m’empresse de rentrer chez moi, j’ai l’impression que cette journée et interminable, que dix huit heures n’arrivera jamais. J’ai deux heures  de pause devant moi, et j’avoue qu’en rentrant, je n’ai pas vraiment eu le temps de manger. J’ai d’abord fouillé mon placard pour savoir ce que j’allais me mettre. On dirait une vraie gonzesse, mais j’avoue que cela m’effraie, je ne savais pas trop si je devais me contenter d’un costards ou si une chemise et un jean suffirait, et puis j’ai finalement opté pour mon costard bleu marine. La question suivante ? La chemise légèrement détachée ? Nœud papillon ? Cravate ? J’opte pour le nœud papillon, bleu lui aussi.

Je fini par redescendre et sortir toutes les bouteilles que j’ai pour choisir. Et finalement, je décide de mettre une bouteille de chaque dans mon frigo. Cela fait un peu frigo d’alcoolique, j’avoue, entre le champagne, le vin blanc, le rosé, le vin rouge, le rhum, le whisky, la bière et la vodka, mais d’un coté, je ne sais pas ce qu’il voit et… oh, j’allais oublier le jus d’orange et le soda. Je pense que tout est prêt et quand j’observe l’heure, il était évidemment l’heure que je retourne bosser. En arrivant à mon bureau, j’attrape mon téléphone, je m’étais interdit durant mes heures de boulot, de lui envoyer un message, ne voulant pas non plus faire genre de « tu me manque déjà » bien que ce soit le cas. Il est 14h02, et je fini par lui envoyer mon adresse avec un petit message du style « à ce soir, beau brun. » j’avoue que quand j’y pense son air de panique m’a plus, physiquement comme moralement, peut-être n’ai-je pas fini mon job finalement. Mais peut-être que le point qui reste, je peux le soigner qu’en dehors de mon bureau. Je tente de mon concentrer sur mes trois patients de cet après-midi, il était difficile de bien faire mon travail, j’avais envie d’être ce soir, mais j’avais en même temps peur d’être ce soir, c’est une sensation légèrement délicate.

Je regardais l’heure bien trop souvent à mon goût et cela devait être embarrassant pour mes patients. Pour mon dernier patient, je fini par m’excuser, lui dire que je n’ai pas la tête à travailler, je lui annonce que je lui ouvre un rendez-vous gratuit à ma pause entre 12h et 14h le lendemain, qu’il peut prendre rendez-vous avec mon assistante. Je quitte le travail bien rapidement. A peine rentrer chez moi, je fonce dans la douche, je me prépare. Costard, donc, avec mon nœud papillon, et une touche de parfum. Je fini par redescendre et aller dans la cuisine, ceci dit, cela me servait à rien. Je tournais en rond dans ma maison lorsqu’on finit par toquer. Je replace ma veste, et… ayant chaud, je fini par l’enlever, le stress j’imagine. Harry était là dehors et… Je quitte mon nœud papillon également, je glisse dans mon armoire à l’entrée, et je fini par détacher trois boutons du haut de ma chemise, je me sentais un peu plus à l’aise je dois dire, et je fini par ouvrir ma porte d’entrée en lui souriant, un sourire qui essaie d’être sans gêne ou sans appréhension.

« Entre, je t’en pris. »

Je referme derrière lui en le débarrassant de sa veste, je l’invite à entrer d’un geste de la main en rangeant sa veste dans l’armoire. Je le regarde durant de longue seconde avant de me décider à lui proposer quelques choses à boire.

« Que veux-tu boire, du coup ? »

J’avais en prime, déjà, envie de l’embrasser, de sentir ses lèvres contre les miennes, j’inspire pour penser à autre chose, je n’étais pas prêt à encore faire face à l’une de ses crises de panique, pas tout de suite.




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Harry J. Potter
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Ven 13 Avr - 14:46
Aliharry, partie 3
We just need some love

La frénésie que je ressens depuis quelques heures est interminable et nouvelle pour moi. Jamais dans ma vie n’ai-je eu cette étrange sensation, ne serait-ce que lorsque je fréquentais Aedan en cachette. Même à cela, notre relation était si ambiguë et secrète que l’anxiété dépassait mon excitement. Je me souviens bien de ces baisers volés à Pré-Au-Lard et cette drôlesse de sensation de plénitude qui m’avait emparé par la suite. Mais cette sensation n’était pas restée plus que 5 minutes, devant fermer mon esprit à toutes ses sensations étranges pour poursuivre un Aedan en panique dans la forêt. Autant dire que je n’avais jamais vraiment eu à vivre cette sensation bien longtemps. Après le départ d’Aedan, j’avais succombé aux demandes de Ginny et ma vie c’était figée en un instant. Du moment que j’avais posé mes lèvres contre les siennes après le départ de mon amant, je savais que je ne pourrais plus jamais être heureux. J’avais décidé de brimer mon plaisir et mon bonheur pour le bien du monde sorcier. Mais à quel prix finalement?

Je me dandine frénétiquement sur une de mes chaises de cuisine. Je picore lentement dans mon assiette, sans vraiment avoir faim pour quoi que ce soit. J’ai un mal de cœur qui refuse de partir, et des étourdissements qui m’empêchent de fonctionner proprement. Je me sens comme un gamin incompétent, échappant mon verre d’eau au sol d’un mouvement inconscient. Je lance quelques jurons, cherchant ma baguette pendant quelques instants avant de laisser tomber et de ramasser mon dégât de mes propres mains. Mes doigts caressent le linge mouillé, et mon esprit vagabonde à savoir à quel point la peau d’Alihan doit glisser lorsque son dos est couvert de…sueur.

Je lance la serviette imbibée sur l’un des murs de la cuisine, les mains tremblantes. Je me recroqueville sur moi-même sur le sol frais, marmonnant tout et n’importe quoi. Présentement, je n’atteins pas bientôt la cinquantaine. Je ne suis qu’une boule d’énergie impossible à contrôler. Je me donne l’impression d’avoir rajeunit de plus de 25 ans, retournant au moment de ma vie ou je pouvais encore rêver d’un avenir propre à moi-même; un avenir que j’aurais forgé pour moi, et non pour paraitre parfait aux yeux d’un monde qui se contrefichent de mon existence.

C’est surement égocentrique d’avoir penser dans mon adolescence que mon orientation sexuelle aurait réellement un impact sur le résultat de la guerre. Certes, je croyais réellement que cela aurait pu impacter le moral des troupes, mais au final ne suis-je pas celui qui a détruit Jedusor? Après tout, quelle réellement différence cela aurait-il fait sur le résultat final? Je me souviens d’une conversation que j’avais eu avec Aedan lorsque nous avions repris contact. Il m’avait signifié que toute ma vie, j’avais refusé de voir la vérité comme elle l’était réellement, et non comme les autres voulaient qu’elle soit. J’étais le seul et unique responsable de mon malheur d’après lui, et c’est peut-être pourquoi il n’est jamais revenu vers moi par la suite. Ce n’est pas de lui que j’avais honte; c’était de moi. Faire mon coming out à ma famille avait été une épreuve particulièrement difficile, et j’en vis encore les conséquences.

Je me lève lentement, appuyant mes bras sur mes genoux en expirant profondément. Je gonfle mes joues, laissant échapper l’air de mes poumons comme une bombe à retardement. Non, je suis une bombe à retardement dans mon entier. Depuis combien de temps ai-je refouler ma vraie nature? Depuis quand est-ce que je tente de me battre contre quelque chose sur lequel je n’ai qu’un piètre contrôle? Trop longtemps, je suppose.

Pour me changer les idées, je pends l’initiative d’aller magasiner quelques morceaux de linge pour refaire une partie de ma garde-robe qui date de plusieurs années. N’ayant vécu que partiellement ma vie dans les dernières années, je sais que je me suis laissé aller. Même Ginny ne parvenait pas à me faire sortir pour essayer du nouveau linge, et encore moins aller faire l’épicerie. Depuis que je suis seul, je m’oblige à ne pas me laisser mourir de faim. Et au cours de la dernière année, il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir des élans d’énergie et de sortir faire des activités. Parfois, je me demande ou est-ce que j’étais toutes ses années. Au fond de ma conscience, peut-être.

Bref, tout cela pour dire que je finis par passer une partie de ma journée au centre d’achat, ne parvenant pas à choisir un piètre morceau par moi-même. Je termine par demander l’avis à quelques femmes qui passaient par là, ayant le droit à des regards de haut en bas qui me rendirent mal à l’aise. Puis, voilà un gentilhomme qui s’avance vers moi. Il dépose sa main sur mon épaule en me souriant.

« Laisse moi te donner un coup de main avec cela! »

Je le trouve tout de suite sympathique, réalisant très vite qu’il s’agit d’un vendeur. Son attitude à mon égard et sa silhouette svelte me donne l’impression qu’il serait peut-être gay. Mes soupçons s’éveillent dès qu’il émet un « aooouch » en levant une main en l’air lorsque je me tourne pour observer l’un des pantalons dans l’énorme pile de linge qu’il m’a apporté. Mon attitude envers lui se fait légèrement plus joueur, et je crois qu’il apprécie bien ce changement de ma part. Nous rions quelques fois, et je termine mon magasinage avec quelques sacs que je transporte jusqu’à ma maison. Étalant tout ce linge sur mon lit, je fige. Qu’est-ce que je pourrais mettre ce soir? Alihan connait mon habillement habituel. Il ne faudrait pas que je semble avoir sorti un habit simplement pour lui. Et pourtant…

Je choisis finalement un pantalon noir ayant eu un commentaire positif de la part du vendeur ainsi qu’un chemisier simple sous lequel j’enfile un chandail blanc. Je laisse quelques boutons détachés, ayant sinon l’impression d’étouffer. Peut-être n’est-ce pas le linge qui m’étouffe mais plutôt les aiguilles qui avancent de plus en plus sur la minuscule horloge? Encore quelques minutes et je devrai quitter. Durant ce court temps, je tourne en ronds dans ma chambre, tentant d’analyser mon accoutument. Soudainement, mon cœur bondit. J’ai oublié de mettre du parfum. Je me glisse rapidement vers ma commode, m’assoyant sur le bord de mon lit en défilant les quelques parfums que j’ai en ma possession. Je les sens un à un, plissant les yeux au dernier en sentant mon nez picoter. Je gratte le bout de mon nez avec mon doigt, ne sachant pas plus lequel je devrais choisir. Je finis par en prendre un au hasard, et me poupoune. Enfin, si on peut dire cela… Peu importe!

Je transplane directement de ma chambre, ayant visualiser l’endroit grâce à Google Maps quelques heures plus tôt. Cette application est tout de même utile pour transplaner, alors je ne m’en plains pas. Je sais qu’Alihan n’aime pas le fait que je transplane, mais je suis légèrement trop énervé pour prendre le volant d’une automobile sans risquer ma vie.

J’ai transplané dans la rue même, cherchant immédiatement un repère pour trouver le numéro en question. Lorsque le numéro apparait devant mes yeux, je grogne. Est-ce que je devrais vraiment y aller? Est-ce une pure folie? Je prends mon courage en main, et j’avance jusqu’au seuil de la porte.

Toc, toc, toc…

Va-t-il me répondre? J’appréhende, mais pas pour bien longtemps. La porte s’ouvre quelques instants après, me laissant pantois devant le sourire figé d’Alihan. J’ai envie de lui sauter au cou, le plaquer dans un mur et manger sa langue. Enfin, manger est une figure de style…

J’entre, le laissant me débarrasser de ma veste. Je le remercie d’une voix faible, mais je n’ose pas gratter ma gorge. Cela prouverait que je suis stressé. Encore là, je ne pense pas vraiment que puisse cacher mes émotions à Alihan, mais je tente mon possible à l’instant même. J’observe son dos tandis qu’il entrepose mon manteau dans l’armoire, ce qui me donne une violente envie de caresser ses épaules. Je croise légèrement mes jambes ensemble quelques secondes pour éviter de penser à… Trop tard.

Il se retourne vers moi, un peu trop proche à mon goût. Enfin, non pas vraiment. Mon goût serait beaucoup plus proche, mais la sagesse voudrait qu’il soit à plusieurs mètres de moi pour éviter des folies. Des folies…Pas vraiment. Oui? Non? Peut-être.

- À boire? Eh…

J’aurais bien proposé de le boire lui, mais je ne pense pas que la remarque aurait bien passé en ce moment. Je pince mes lèvres, faisant semblant de réfléchir à sa proposition.
- Du vin peut être très bien.

Mais à peine ai-je ouvert la bouche que cette envie de lui manger les lèvres me revient. Cette fois-ci, j’ignore cette petite voix intérieure qui me crie « Gare à toi, mortel! » et je m’avance directement vers lui pour empoigner la lèvre inférieure de mes dents. Je presse doucement, avant de venir caresser ses lèvres avec les miennes. Contrôlant mon geste, je me recule d’un geste vif et me dirige dans le corridor d’un pas légèrement pressé en cherchant la cuisine.

- Bon, il est ou ce vin…



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